Se constuire

Je reste toujours surpris par le nombre de personnes qui me parlent de la course à pied comme étant une forme de défouloir. Nos vies professionnelles et parfois personnelles peuvent provoquer des rancœurs, des douleurs, voire de la haine. Partir courir permet de lâcher la pression et de se réfugier à l’intérieur de nous.

Parfois, j’ai besoin d’aller griller des kilomètres après des moments difficiles. Cela me permet de me recentrer sur moi-même et m’évite d’avoir la tentation de m’en prendre physiquement à la personne qui a provoqué ma colère.

Mes mots peuvent paraître forts quand je parle de colère, mais évoluant dans un milieu très policé, l’injustice ou l’amertume des situations ne peuvent pas être évacuées par des cris ou des coups de poings (sur les murs)… alors la perspective d’aller sécréter de l’endomorphine agit comme un événement libérateur.

« Chéri, je rentre du boulot, je me change et je vais courir, j’ai passé une journée de m**** »

Cette phrase, annonce à votre compagne que le volcan en vous gronde et que l’éruption est très proche. Votre moitié comprend qu’il est inutile (sauf cas de force majeur) de vous retenir à la maison, même si elle aimerait que vous restiez afin d’en parler tout de suite.

Une fois transformées vos ondes négatives dans une énergie positive, vous êtes apte à comprendre la raison de votre colère initiale. La parole et la pensée se libèrent et vous pouvez agir d’une manière plus rationnelle.

Courir est utile pour affronter sa colère, mais aussi pour nous aider à traverser des moments difficiles. Je devais passer un examen très important. Et Il se trouve que je m’étais aussi inscrit pour le semi marathon de paris qui avait lieu 3 semaines plus tard. La perspective de cette course et sa préparation me permettaient d’écarter par moment de mon esprit cette étape importante. Participer à un semi-marathon me forçait à me projeter sur un autre événement qui viendrait par la suite.

La course à pied peut être une aide pour vous construire et vous permettre d’avancer lorsque vous traversez des difficultés. Ne laissez pas tomber cette activité quand le tourbillon de votre existence vous dépasse.

Vous ne le regretterez pas. 

Courir pour se constuire
Des cailloux, oui, mais des Cévennes…
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Paris Versailles

affiche Paris Versailles 2015

Cette course fait partie des épreuves les plus importantes de la région parisienne. Après trois participations, je vais vous décrire cette course qui semble être plus abordable qu’un semi….mais c’est un leurre.

Se déroulant le dernier week-end de septembre, Paris Versailles est idéalement placée au retour des vacances d’été, pour évaluer votre état de forme. Avec un peu de chance, votre lieu de villégiature estival était proche des montagnes et vous avez pu grimper des côtes afin de bien vous préparer.

Pour ce qui est de la température, habituellement il fait à cette période encore beau, voir chaud. Cela reste agréable même si l’attente dans les sas est souvent longue dans ces conditions. Le départ étant au pied de la Tour Eiffel, vous pourrez vous échauffer vers le Trocadéro avant de rejoindre votre sas. L’ambiance est festive, et vous aurez la chance d’entendre (trop fort) la musique crachée par les sonos qui sont placées le long de la ligne de départ.

Une fois libéré du parcage, vous voilà parti pour un périple de 16 km. La distance est plus courte que pour un semi marathon… Mais pour ce qui est de l’effort fourni, vous allez en avoir pour vos mollets.

Vous partez le long des quais de Seine pour suivre un tracé relativement plat sur un peu plus de 5 km. C’est idéal pour chauffer la machine et prendre ses premiers repères. Il faut bien régler votre rythme de course afin d’aborder à la bonne cadence la première difficulté qui sera la fameuse Côte des Gardes. Donc, ne vous laissez pas prendre dans le tourbillon des coureurs plus chevronnés qui partent très vite sur cette portion car ils visent un chrono.

Ensuite ?… la vraie course commence.

Se présente à vous Meudon et sa Côte des Gardes. Autant vous le dire tout de suite, il y a rapidement des dégâts dans le peloton. Nombre de participants lâchent le rythme espéré au milieu de cette côte pour adopter une foulée qui est à la limite de la marche. Il vous faudra rester concentré, non seulement sur votre propre foulée, mais aussi sur votre proche environnement afin de ne pas décélérer pour éviter les coureurs en difficulté.

Côte des gardes

Cette côte mythique a une moyenne à 6 % et va vous imposer sa présence du 6ème au 8ème km. Le D+ vous claque un 130m en pleine figure. Ne cherchez pas à puiser dans vos réserves pour passer le plus rapidement cette portion. En effet, par la suite c’est une succession de petites montées et de descentes dans la forêt de Meudon.

Une fois dompté la côte des Gardes, un relâchement s’empare de vous. Votre foulée redevient plus aérienne. Mais vous savez que vous devez garder à l’esprit que le deuxième broyeur de la course va bientôt montrer le bout de son nez, dans l’espoir de vous présenter ses condoléances.

La Côte du cimetière de Viroflay.

Avec sa moyenne à 9 %, elle se présente fièrement au 13ème km. Elle vous teste pendant environ 300 mètres. Son unique objectif est de vous casser. Vous aurez la vision de tous ces coureurs très proches les uns des autres, semblant avancer à l’unisson, mais d’une manière presque imperceptible. C’est pour moi la portion la plus pénible et la plus sélective. Elle agit comme une deuxième lame de rasoir, et vous êtes le poil.

Vous l’aurez compris, la plus grande difficulté de cette course est de maintenir un rythme régulier face à ces deux principales difficultés.

sous bois paris versailles

Versailles.

Vous finirez par entrer victorieux (mais en combien de morceaux ?) dans Versailles en vous disant qu’il ne vous reste que quelques kilomètres avant la consécration sur l’avenue de Paris et ses photographes. Après avoir franchi ces difficultés, vous cherchez les objectifs  afin d’immortaliser ce moment unique. J’oubliais une chose, cette course étant un peu vicieuse, elle décide de finir par un faux plat montant d’un peu plus d’un kilomètre. C’est long à ce moment là… Très long…

Une fois le franchissement de la ligne d’arrivée accompli, vous rencontrerez les gentils scouts qui vous distribueront un sac avec eau et barres énergétiques. Enfin, la médaille tant recherchée se pendra à votre cou, et vous pensez déjà à votre prochain diner entre amis, lorsque vous exhiberez nonchalamment ce morceau de métal prouvant votre bravoure.

Paris Versailles rencontre un grand succès. Pour des raisons logistiques et de sécurité, elle est limitée à 25 000 personnes. Les inscriptions ouvrent en général en mars. N’attendez pas trop pour vous inscrire, et ainsi vaincre le dénivelé pour arriver en vainqueur à Versailles tel un Roi Soleil.

http://www.parisversailles.com/

Médaille Paris Versailles
Médaille 2014

hulkissime…What ?

C’est quoi ce blog sur la course à pied qui s’appelle hulkissime ?

Trouver un nom de blog sur la course à pied qui ne soit pas déjà pris était une gageure. Ensuite, je voulais un titre original qui présente bien le concept que je voulais mettre en avant.

Etre hulkissime, c’est faire de la course à pied pour se transformer, s’améliorer dans sa vie, expérimenter des choses, se défouler, se chercher, se trouver. Se faire plaisir.

Pas de plans d’entrainement dans ce blog, pas de conseils pour trouver la bonne paire de running, pas de concours de celui qui court le plus vite ou qui a la plus grosse médaille. C’est un site où je partage mes sensations, mes expériences, mes questionnements autour de la course à pied.

Un lieu de partage autour de différents sujets sous la forme de billets. Un endroit où la sensation prime sur le temps. Dans un monde tourné vers la performance, il est bon de trouver un espace où le chronomètre ne conditionne pas tout.

Courir est une expérience personnelle, mais qui peut être partagée avec tous. Lorsque je surfe sur l’océan du net à la recherche de sites sur la course à pied, je ne trouve que des sujets qui abordent la technique, la performance ou la nutrition. Rarement sur des aspects émotionnels liés au fait de courir.

Quand je parle de transformation et d’améliorer sa vie, je pense à une forme d’épanouissement. Nous ne sommes pas tous destinés à devenir des coureurs de marathon, voir de semi marathon. Pour certains, un 10 kilomètres sera déjà un sacré Graal. J’aime rencontrer ou voir des coureurs qui se lancent dans le running juste par plaisir. Une personne qui se lance dans une sortie qui ne dure que 20 ou 30 minutes, mérite autant de respect qu’un marathonien. Sa démarche est la bonne.

Pouvant courir fréquemment, et n’ayant pas eu de problèmes physiques définitivement bloquant, j’ai progressé et je participe régulièrement à des Trails ou des semi-marathons. Cependant, je ne veux pas aborder mon sport par le biais d’une planification extrême où je devrais respecter un plan d’entrainement à la lettre durant 8 semaines. Je fais attention à ma régularité, à mon poids, et surtout à mon plaisir.

Nos améliorations sont graduelles, sans savoir forcément jusqu’où nous irons.

Pour certains, le corps impose des limites à la pratique de ce sport. Le surpoids, une malformation, un problème de respiration sont autant de barrières qui peuvent être des motifs pour ne pas courir, malgré la présence d’une envie.

Un coureur devient hulkissime lorsqu’il surmonte ses difficultés à la quête du plaisir, en mouillant son maillot sur le bitume ou le long d’un sentier.

Devenons hulkissime.

Hulkissime

La nuit nous appartient

Un soir à Londres en février 2014
Un soir à Londres en février 2014

J’ai le plaisir de courir la nuit assez rapidement. Le soir, vous rentrez du travail, vous chaussez vos baskets, et c’est parti.

Evidemment, ressortir pour aller courir quand il fait nuit dehors demande une certaine volonté. Une petite voix vous dira bien entendu de rester bien confortablement à la maison afin de profiter de la chaleur du foyer et du confort de votre canapé. Mais une fois fait taire cette misérable mauvaise petite voix, vous êtes fin prêt à vivre cette expérience unique.

Ce que je préfère, c’est courir quand la nuit est ni chaude, ni froide, et sans vent. Oui, c’est beaucoup demander. Mais lorsque vous avez la chance de réunir ces éléments, la magie opère. Une fois passé les premiers kilomètres et que la machine est bien lancée, vos sens se mettent à fonctionner d’une manière différente par rapport à une course en journée.

Votre vision est plus restreinte, il y a moins de circulation, moins de bruits. Votre ouïe capte facilement vos pas, vous faites plus attention à votre respiration, vous sentez votre corps en action. L’idéal est aussi de bien connaitre son chemin afin de ne pas être trop concentré sur son parcours. Sentir ses muscles aussi distinctement vous donne une autre approche de votre organisme. La concentration, voir une sorte de méditation se met en place, et vous semblez ne plus souffrir des impacts au sol. Attention à ne pas se laisser griser par ces sentiments…

Vous devenez un coureur léger fendant la nuit sans obstacle ni limite…

La première course

Un jour cette phrase sort de votre bouche. C’est un moment clef qui vous fait basculer dans une autre approche de votre sport préféré. Et oui, une course cela se prépare.

J’arrive ma Villennes…

En général, on commence pas une Foulée, un bon classique qui sera un 10 kilomètres. J’ai commencé par la Foulée de Villennes sur Seine. C’était quelques mois après avoir commencé sérieusement la course à pied, je voulais goûter aux joies de la compétition sans aller trop loin de chez moi. Bonus supplémentaire, un cadeau était offert, un super t-shirt technique à chaque participant.

J’avoue que je ne savais pas si j’allais bien tenir la distance, étant donné qu’à l’époque je n’avais pas de GPS lors de mes entraînements et que l’application Runkepper sur mon iPhone n’était pas très précise dans ses distances, les tracés étaient parfois fantaisistes.

Le matin de la course je me suis préparé comme si j’allais courir un marathon : Levé 3 heures avant la course et pâtes au petit déjeuner. Un peu exagéré par rapport à la distance….

Un conseil avisé.

Une fois récupéré mon dossard, je gagnais la ligne de départ dans une grande nervosité. J’observais les autres coureurs comme si nous allions disputer une compétition internationale. Le départ donné, je partais avec la foule, en essayant de respecter le conseil donné par un ami coureur chevronné : « ne te laisse pas aspirer par la foule, si non tu vas courir trop vite au début »

Respectant cette consigne, je m’économisais et courais les premiers kilomètres avec le frein à main. Une fois dépassé le 7ème kilomètre, je me rendais compte que j’en avais sous la semelle, et qu’il était dommage de ne pas plus donner. Je finissais en trombe les derniers kilomètres.

Moral de l’histoire, une course mal gérée dans le rythme, j’avais écouté un conseil plutôt que d’écouter mon corps. Mais le sentiment qui me gagnait était plus fort que ce constat. Participer à une course était une chose très agréable, et attendre impatiemment pour connaitre son classement, une excitation comparable à un lycéen guettant les résultats du bac.

Je venais de mettre le doigt, ou tout du moins le pied, dans un engrenage infernal.

Trail des Fonds de Cayenne - 2014
Trail des Fonds de Cayenne – 2014

A la rencontre du plaisir

Un jour face à la glace, mon ventre, pas très plat, me provoqua un malaise. Je décidais de ne pas laisser cette dérive prendre le pas sur mon idéal. Le besoin de reprendre possession de mon corps devenait une priorité.

Restait à choisir le sport. La course à pied s’imposa d’elle même. Pas de contraintes horaires d’un club à respecter, un équipement facile à acquérir, et une mise en route rapide. Même si mes souvenirs des séances d’EPS à l’école avec ses tours de stade sans fin ne me donnaient pas forcément le sourire. Il fallait maintenant tenter l’expérience.

La première sortie fut un début d’aventure. Je partis sans trop savoir où j’allais, ni à quel rythme, ni combien de temps. Après des débuts hésitants, je prenais confiance. Je sentais le vent sur mes jambes, j’écoutais le bruit de mes pas. Mais la réalité décida de me rattraper brusquement.

Le souffle court, les jambes raides, je m’arrêtais au bout d’une vingtaine de minutes. Penché les mains sur les cuisses, le regard perdu au milieu d’un bois, je me demandais si j’avais pris la bonne décision. Je découvrais un sport facile à pratiquer mais exigent.

Avec une grande fierté je franchis rapidement le premier cap symbolique de la 1/2 heure de course. Les sorties suivantes furent plus longues, à la découverte de mes limites en endurance à chaque fois repoussées.

C’est simple, c’est du plaisir.

Même si vous ne rentrez pas dans une logique d’entrainement, vous progressez rapidement. Au fur et à mesure, vous découvrez la notion de kilomètres parcourus. Vous commencez à regarder sur une carte ou sur internet les endroits où vous pourriez pratiquer votre nouveau hobby. Les premiers circuits sont planifiés, et vous y aller.

Je pense sincèrement que ces premiers moments sont parmi les plus beaux. Si vous prenez vraiment gout à ce sport, ne cherchez pas à rentrer immédiatement dans une planification trop précise. Laissez faire les choses et écoutez votre corps.

Il existe des milliers de plans d’entrainement qui vous diront quoi faire, combien de fois, combien de temps. L’approche est très scientifique. Ne vous perdez pas dans cet océan de données.

 Préservez votre plaisir, et chaussez vos running.

C’est parti !

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